Il n’était jamais monté sur un podium mondial. Sélectionné il y a un mois seulement, Benjamin Darbelet (27 ans) a apporté l’une des trois médailles du jour au clan français. Une breloque en argent content.
Dominique, le papa, a intériorisé. Bernadette, la maman, a explosé. Plusieurs fois. La journée a été longue pour le clan Darbelet, au chevet du fiston dès 12 h 30, heure locale. Et puis, le fil Darbelet s’est doucement délié. Un premier tour stressant, un deuxième nettement plus clinquant, rehaussé par un grand fauchage intérieur (O Ochi Gari) à onze secondes de la fin du combat, puis une demi-finale solidement maîtrisée à la faveur de deux Waza-Ari, synonymes de KO technique pour un Pak pas franchement emballé, ont donné la médaille à « Benji ».
« J’étais parti pour lui faire ippon »
Restait alors le final à écrire, contre le Japonais Masato Uchishiba, champion olympique en titre. « J’étais parti pour lui faire ippon, je pensais avoir marqué l’avantage », raconte le sociétaire de Levallois. Stoïques, les juges laissaient l’action se poursuivre. « Je lui ai donné mon bras et il a saisi l’opportunité qui se présentait. » Benjamin Darbelet en fut même quitte pour un gros choc sur la tête. « J’ai eu mal au cou, mal au bras, ça a craqué derrière. J’ai même vu des étoiles. » Le Tricolore, habillé de bleu pour la première fois de son périple, frappa alors le tatami de la main, signe que l’on s’avoue vaincu. « C’est dommage. J’étais bien, pas fatigué alors que je me sentais lent avant que ne commence la compétition. »
« Une dynamique pour l’équipe »
L’argent, le natif de Dijon savait d’autant mieux l’apprécier qu’il fut le dernier Français à valider son billet pour Pékin. C’était le 5 juillet. Un jour de délivrance pour celui qui est monté sur tous podiums des championnats continentaux depuis 2003. « Il y a un mois encore, je n’étais pas sûr de faire les Jeux. J’y vais et je fais une médaille, c’est quand même magnifique. » Presque oubliée cette sélection brinquebalante pour Athènes, dans une catégorie (les moins de 60 kg) qui n’était pas la sienne, l’obligeant à un régime insensé. Presque oublié aussi ce stupide accident de voiture en juin 2007, au sortir d’une « virée poker » avec Teddy Riner et Anthony Rodriguez. « Sur le podium, j’ai pensé à tous ceux qui m’ont soutenu, pas à ces petites galères. » Rarement tendre avec l’intéressé, Brigitte Deydier, la DTN, joua également l’apaisement. « Benjamin a affirmé le potentiel que l’on voyait arriver. S’il y a eu des difficultés dans les relations, ce n’est pas grave. L’essentiel est qu’il a impulsé une dynamique supplémentaire à toute l’équipe de France de judo. Cette équipe était déjà prête, j’espère qu’elle y gagnera encore en euphorie car il faut un peu de folie pour briller aux Jeux. »
« Fier, fier, fier »
Pour Dominique, le papa président du petit club de Brazey, supporter inconditionnel du fiston, les Jeux, c’est même « magique ». « On est fier, fier, fier de lui. C’était dur émotionnellement. On aurait préféré qu’il perde d’une façon plus claire mais ce qu’il a réussi est formidable. » Tout près de là, Bernadette a trouvé le mot de la fin : « C’était une belle journée ! »
Darbelet : medaille d'argent
dimanche 10 août 2008
Publié par isaetdavid à 22:18
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