L'annonce de la mort de Robert Louis-Dreyfus a suscité une immense émotion au sein de la grande famille du football français, mais ravivé les inquiétudes sur l'avenir financier du mythique Olympique de Marseille.
L'homme d'affaires naturalisé suisse, actionnaire principal de l'OM, considéré comme la cinquième fortune de France, avait injecté plus de 200 millions d'euros depuis son entrée dans le capital du club fin 1996. Sa disparition, samedi à l'âge de 63 ans, des suites d'une leucémie, laisse planer un doute sur le financement futur de l'OM. Ce financement sera-t-il à la hauteur des ambitions sportives de l'OM, qui vient de recruter comme entraîneur Didier Deschamps, avec la volonté de jouer le titre de champion la saison prochaine?
"C'était le gardien du temple", a déclaré dimanche à l'Associated Press Richard Miron, adjoint chargé des sports à la mairie de Marseille. "Mais je ne suis pas inquiet, car l'OM est un emblème pour notre ville, un club sportif créé il y a plus de 100 ans. Ce qui indique qu'au-delà des hommes il y aura toujours la survie de la 'marque OM'".
"A court terme, Robert Louis-Dreyfus avait préparé la suite avec Jean-Claude Dassier et Didier Deschamps. A plus long terme, il y aura à régler sa succession, l'OM fait partie d'un groupe, on saura bien plus tard ce que les actionnaires voudront faire. Il est important d'avoir un actionnaire stable qui ait envie de s'investir dans le club et faire perdurer tout ça", a-t-il ajouté.
Les héritiers de Robert Louis-Dreyfus -sa femme Margarita et ses trois enfants- "poursuivront l'oeuvre engagée" en faveur de l'Olympique de Marseille, a fait savoir dimanche un communiqué de la famille publié sur le site officiel de l'OM. "Conformément à sa volonté et à son action depuis 1996, ils auront à coeur de faire inscrire de nouvelles pages glorieuses dans l'histoire de ce club, avec l'équipe dirigeante actuelle", est-il écrit.
"L'avenir du club est assuré", a affirmé de son côté Jean-Claude Dassier, le nouveau président de l'Olympique de Marseille, soucieux de rassurer les supporteurs de l'OM. "Robert Louis-Dreyfus a toujours su faire preuve d'une grande prudence dans la gestion de ses affaires. C'est quelque chose qu'il a toujours su faire parfaitement. Son décès brutal nous cause une grande peine, mais il ne remet pas en question la marche du club. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir à ce sujet".
Dassier, 67 ans, a succédé à Pape Diouf, président depuis 2005, "débarqué" fin juin par Robert Louis-Dreyfus à la grande colère des plus fervents supporters de l'OM. Ils considéraient Louis-Dreyfus comme un "étranger" à la ville et Dassier comme un "Parisien".
"Pape Diouf est le président qui a su amener la sérénité. Or à Marseille nous avons besoin d'identifier, soit de connaître, soit de reconnaître", analyse Richard Miron. "Dassier va apporter d'autres qualités, avec l'aide de la personnalité de Didier Deschamps. Marseille est à l'image de la Méditerranée, dès que le vent se lève c'est la tempête. Mais ça se calme aussi vite. Il faut maintenant des résultats sportifs, c'est à cela qu'on va s'atteler".
Robert Louis-Dreyfus n'a jamais rien gagné durant ses 13 années passées à la tête de l'OM, ce manque de trophées n'étant pas compensé par deux finales de la Coupe de l'UEFA perdues contre Parme et Valence en 1999 et 2004. L'OM, au palmarès marqué par huit titres de champion et 10 coupes de France, reste le seul club français vainqueur de la Coupe des Champions en 1993.
"C'était un passionné dans les affaires et en football il n'a pas toujours été récompensé. Il attendait un titre qu'il n'a pas eu", a observé Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de football, dimanche sur France-Info. "Au niveau de la reconnaissance, il n'a pas eu ce qu'il méritait. Il a dû être frustré car Marseille lui doit beaucoup. Si Marseille a son niveau d'aujourd'hui, c'est grâce à lui".
Si le football n'a pas enrichi "RLD" -le surnom de Louis-Dreyfus- dont la fortune est estimée à 10 milliards d'euros, il a écorné sa réputation de gestionnaire hors pair. Poursuivi pour abus de biens sociaux dans l'affaire des comptes de l'OM, il a a été condamné à dix mois d'emprisonnement avec sursis et à 200.000 euros d'amende. Robert Louis-Dreyfus et neuf autres prévenus, dont Rolland Courbis, entraîneur de l'OM au moment des faits, s'étaient vu reprocher plus de 22 millions d'euros de détournements commis entre 1997 et 1999 à l'occasion de 15 transferts présumés frauduleux, ayant donné lieu aux versements de primes occultes à des agents de joueurs, des intermédiaires du foot et des joueurs.
Né avec une cuillère d'argent dans la bouche, héritier d'une famille dont l'arrière grand-père a bâti la fortune dans le négoce des céréales, "RLD" a longtemps fait figure de dilettante des affaires. Considéré comme un fils à papa passionné par le poker, il s'est affirmé petit à petit dans le monde des affaires notamment en reprenant et relançant Adidas puis en développant la téléphonie.
Il avait fait du football sa danseuse, n'étant pas assez souvent présent au Stade Vélodrome, selon des supporters de l'OM.
"C'était un vrai passionné de foot, mais il était moins supporter, moins aficionado", résume Richard Miron. "On le voyait de temps à autre dans les gradins avec son écharpe du club, son maillot, son cigare et ses cheveux frisés. C'est l'image qui restera"
Décès de Robert Louis-Dreyfus: quel avenir pour l'OM?
lundi 6 juillet 2009
Publié par isaetdavid à 04:32
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