Marcello Lippi, 60 ans, roi du coaching et du coup de poker tactique, parti au sommet après avoir remporté le Mondial-2006, est de retour à la tête de l'équipe d'Italie, quelques heures après le départ de Roberto Donadoni, poussé dehors par sa fédération.
"J'estime que ma mission à la tête de l'équipe nationale est achevée": c'est sur ces mots que Lippi, souvent comparé physiquement à Paul Newman, avait quitté la sélection, le 12 juillet 2006.
Trois jours auparavant, il avait donné au pays une quatrième Coupe du monde à laquelle peu croyaient, l'équipe nationale étant partie en Allemagne complètement éclaboussée par le scandale du Calcio. Même le nom de Lippi était cité dans ce dossier judiciaire. Le technicien avait été entendu fin mai 2006 pendant plusieurs heures par le parquet de Rome, les magistrats cherchant à déterminer s'il avait cédé à des pressions de son ancien directeur général à la Juventus Turin, Luciano Moggi, lors de ses choix de sélectionneur.
Mais, quand il avait décidé de partir en juillet 2006, il était alors devenu intouchable, laissant derrière lui un bilan de 17 victoires, 10 nuls et 2 défaites, léguant à l'Italie le plus prestigieux des trophées, une Coupe du monde remportée à Berlin contre la France (1-1 a.p., 5 t.a.b. à 3).
Au départ, la volonté de Lippi était de continuer à entraîner. Mais l'ex-coach de Naples, de la Juventus et de l'Inter Milan a refusé les propositions de plusieurs clubs ou sélections, se consacrant à des conférences à travers l'Italie ainsi qu'à une activité de consultant pour une chaîne de télévision privée lors des soirées de Ligue des champions.
Interrogé à plusieurs reprises sur un éventuel retour à la tête des Azzurri, il avait souvent répondu qu'"il ne faut jamais dire jamais".
Après l'élimination de l'Italie en quarts de finale de l'Euro-2008 (0-0 a.p., 4 t.a.b. à 2), Giancarlo Abete, président de la Fédération italienne, s'était interrogé devant la presse pour savoir si Donadoni était l'homme idéal pour débuter "un nouveau cycle". Mais il devait avoir déjà un nom en tête: celui de son ami Lippi. Un choix d'ailleurs largement partagé par la presse italienne.
L'homme de Viareggio (Toscane) avait brillé par ses coups tactiques au Mondial, donnant parfois à la "Nazionale" de surprenants aspects offensifs, alors que cette équipe était réputée pour son art de fermer le jeu.
Ainsi, cinq des douze buts italiens au Mondial avaient été marqués par des remplaçants, mais le coup de poker le plus abouti reste sûrement la prolongation de la demi-finale face à l'Allemagne, durant laquelle la Nazionale avait pris l'ascendant, avec trois attaquants et un milieu offensif sur la pelouse, contre un seul attaquant en début de match.
Il possède aussi l'aura de l'homme qui a mis fin à la "malédiction italienne" des tirs au but. Celle qui a décidé du sort de Donadoni, éliminé dans cet exercice par l'Espagne.
Le plus dur commence pour Lippi. Car la presse italienne ne comprendra pas qu'un tel faiseur de miracles ne continue pas à avoir des résultats, dans la perspective du Mondial-2010 en Afrique du Sud. Gare au premier faux pas.
Lippi, le joueur de poker, est de retour
dimanche 29 juin 2008
Publié par isaetdavid à 13:31
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